Une famille unie dans la bagarre

Les bagarres de sortie de boîte de nuit, entre copains ou entre bandes rivales, sont presque une banalité pour les policiers et les tribunaux. Mais qu\'un père et son fils fassent front dans une rixe de ce genre, armés d\'un couteau et d\'un fusil de chasse, voilà qui est plus rare. C\'est pourquoi l\'affaire jugée hier au tribunal de Lons-le-Saunier mérite que l\'on s\'attarde sur elle quelques minutes, ne serait-ce que pour la belle leçon de soutien familial qu\'elle représente.

Les faits remontent au 12 octobre 2008. Ce soir-là, un jeune homme de 18 ans était allé faire la fête dans une discothèque du Haut-Jura. L\'alcool aidant, il a entrepris de faire le clown sur la piste de danse, coiffé d\'un chapeau. Une animation que les videurs n\'ont pas apprécié : ils ont reconduit le danseur sur le parking, et l\'ont prié de rentrer chez lui.
Le garçon a alors eu une attitude apparemment responsable : ne se sentant pas en état de prendre le volant, il a appelé son père.
Mais voilà, le papa est arrivé avec un couteau à la main et un fusil de chasse dans le coffre de la voiture. Accompagné de son fils, il a entrepris de poursuivre l\'un des videurs, en lui criant des menaces. Il a ensuite mis un coup de poing au visage d\'un autre vigile venu aider son collègue. Ce second videur a à son tour frappé l\'homme, qui est tombé à terre.
Le fils a alors sorti le fusil de son père et a mis le videur en joue, hurlant \"Touche pas à mon père!\". Un bel exemple d\'amour filial... Aucun coup n\'a heureusement été tiré.
Les gendarmes tardant à venir, un cinquième homme est entré dans la bagarre, et a saisi le bras du père, tentant de calmer celui-ci. Mal lui en a pris : le couteau, toujours dans la main de l\'homme, lui a sectionné un tendon de la main au trois quart.
L\'arrivée des gendarmes a évité que les choses ne s\'enveniment encore.

Cette histoire a quelque peu divisé le tribunal. Pour le procureur, il s\'agissait d\'une \"affaire inquiétante\". Selon l\'avocat, les videurs étaient à peu près aussi coupables que les agresseurs.
Finalement, le jeune homme a été condamné à 8 mois de prison avec sursis, et son père à 3 mois ferme. Précisons tout de même que ce dernier n\'avait pas tout à fait terminé une précédente peine de prison avec sursis...
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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